Faire reconnaître un diplôme britannique, américain ou anglophone en France

Vous avez obtenu un diplôme au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, en Irlande ou dans un autre pays anglophone et souhaitez poursuivre vos études ou travailler en France ?

Selon votre projet, il peut être nécessaire de présenter votre diplôme, votre relevé de notes ou d’autres documents académiques accompagnés d’une traduction en français.

Il faut toutefois distinguer deux opérations : traduire un diplôme étranger et évaluer son niveau par rapport au système français. Le traducteur restitue fidèlement le document original ; il ne décide pas de son équivalence avec un diplôme français.

Claudia Florentin, traductrice-interprète assermentée et expert judiciaire près une cour d’appel, réalise notamment les traductions anglais-français des diplômes, relevés de notes et documents académiques destinés aux établissements d’enseignement supérieur, employeurs, administrations et organismes français.

Un diplôme étranger est-il automatiquement reconnu en France ?

Non.

Il n’existe pas de principe général transformant automatiquement un diplôme britannique, américain, canadien ou délivré dans un autre pays en un diplôme français équivalent.

Pour faciliter l’évaluation d’un diplôme étranger, le centre ENIC-NARIC France, rattaché à France Éducation international, peut délivrer une attestation de comparabilité.

Cette attestation permet de situer le diplôme étranger par rapport au cadre français des certifications.

France Éducation international précise cependant que cette attestation n’est pas une équivalence de diplôme et ne constitue pas non plus une autorisation d’exercer une profession réglementée.

Consulter la présentation officielle du centre ENIC-NARIC France

L’attestation ENIC-NARIC est-elle obligatoire pour travailler en France ?

Pas systématiquement.

Pour un emploi ne relevant pas d’une profession réglementée, l’employeur apprécie lui-même les qualifications du candidat.

France Éducation international indique que l’attestation de comparabilité peut permettre à l’employeur de mieux comprendre et évaluer le parcours et le niveau académique du candidat, mais que chaque employeur reste libre de l’exiger ou non.

Il n’est donc pas nécessaire de demander automatiquement une attestation ENIC-NARIC pour chaque candidature professionnelle.

Et pour poursuivre ses études en France ?

Les établissements français d’enseignement supérieur disposent également d’une autonomie dans leurs décisions d’admission.

Une université, une grande école ou un autre établissement peut examiner directement le diplôme et le parcours académique du candidat.

France Éducation international précise que certains établissements peuvent demander une attestation de comparabilité afin de mieux comprendre le parcours académique accompli à l’étranger.

Avant d’engager une demande ENIC-NARIC ou de faire traduire plusieurs documents, il est donc utile de vérifier la liste exacte des pièces demandées par l’établissement auquel vous candidatez.

Quels documents académiques peuvent devoir être traduits ?

Selon la démarche, plusieurs documents peuvent être nécessaires.

  • Degree certificate ou diploma : document attestant l’obtention du diplôme ;
  • Academic transcript : relevé détaillé des matières, crédits et résultats ;
  • Marksheet : terme notamment utilisé en Inde et dans plusieurs autres systèmes éducatifs ;
  • Diploma Supplement : supplément accompagnant certains diplômes ;
  • Higher Education Achievement Report (HEAR) : document pouvant accompagner le parcours universitaire au Royaume-Uni ;
  • Statement of Results : relevé ou attestation de résultats ;
  • Certificate of Graduation ou attestation de réussite ;
  • documents relatifs au contenu ou à la durée de la formation lorsqu’ils sont demandés.

Le centre ENIC-NARIC France précise d’ailleurs que ses experts peuvent demander des pièces complémentaires au cours de l’instruction, notamment des relevés de notes ou attestations de réussite.

Consulter les conditions générales du centre ENIC-NARIC France

Degree, Bachelor, Master : faut-il convertir l’intitulé en diplôme français ?

Non.

Un Bachelor of Arts, un Bachelor of Science, un Master of Arts ou un autre diplôme étranger ne doit pas être artificiellement transformé en « licence » ou « master français » par le traducteur.

La traduction doit préserver la nature du diplôme délivré par l’établissement étranger.

La détermination de son niveau dans le système français relève, lorsqu’elle est nécessaire, de l’établissement, de l’employeur, de l’autorité compétente ou de l’évaluation réalisée par ENIC-NARIC France.

Comment sont traduites les notes britanniques ?

Le système britannique comporte des classifications qui ne correspondent pas directement aux mentions françaises.

Un diplôme peut par exemple faire apparaître :

  • First-Class Honours ;
  • Upper Second-Class Honours (2:1) ;
  • Lower Second-Class Honours (2:2) ;
  • Third-Class Honours.

Ces classifications ne doivent pas être converties arbitrairement en mentions françaises telles que « bien » ou « très bien ».

La traduction restitue les informations figurant sur le document et, lorsque l’établissement a imprimé une échelle ou une explication du système de notation, celle-ci fait également partie du contenu à traduire.

Comment traduire un GPA américain ?

Aux États-Unis, les relevés universitaires peuvent notamment comporter un Grade Point Average (GPA).

Celui-ci peut être exprimé sur une échelle de 4.0, mais d’autres systèmes existent selon les établissements.

Un GPA de 3.6/4.0, par exemple, ne doit pas être transformé par le traducteur en une note française sur 20.

Le résultat et l’échelle sont reproduits conformément au document original. Le traducteur n’a pas pour fonction d’établir une conversion académique entre deux systèmes de notation.

Et pour les diplômes canadiens ?

Le Canada présente une difficulté supplémentaire : l’organisation de l’enseignement relève largement des provinces et les systèmes universitaires peuvent présenter des différences.

Un diplôme obtenu au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique ou dans une autre province doit donc être examiné en fonction de l’établissement et du document effectivement délivré.

Les intitulés des diplômes, crédits et systèmes de notation sont traduits conformément aux informations figurant sur les documents sans leur attribuer artificiellement un niveau français.

Qu’en est-il des diplômes irlandais, australiens et néo-zélandais ?

Les mêmes principes s’appliquent aux documents académiques délivrés en Irlande, Australie et Nouvelle-Zélande.

La terminologie peut sembler proche de celle utilisée au Royaume-Uni, mais les cadres nationaux de qualifications et les systèmes universitaires sont distincts.

Un diplôme australien ou néo-zélandais ne doit donc pas être évalué simplement à partir de la similitude de son intitulé avec un diplôme britannique.

Diplômes indiens : degree certificate, marksheets et provisional certificate

Les dossiers académiques indiens comportent fréquemment plusieurs types de documents.

Selon l’université et le parcours, on peut notamment rencontrer :

  • un Degree Certificate ;
  • un Provisional Degree Certificate ;
  • des semester marksheets ;
  • une consolidated marksheet ;
  • un transcript ;
  • un migration certificate ou d’autres documents universitaires.

Lorsqu’une procédure française demande l’ensemble du parcours académique, la traduction du seul diplôme peut donc être insuffisante.

Il est préférable de vérifier précisément quelles pièces sont exigées avant de demander la traduction.

Et les diplômes d’Afrique du Sud, du Nigeria, du Ghana ou d’autres pays anglophones ?

Les documents académiques délivrés en Afrique du Sud, au Nigeria, au Ghana et dans d’autres systèmes utilisant largement l’anglais peuvent également être traduits pour leur présentation en France.

On peut notamment rencontrer des degree certificates, academic transcripts, statements of results, certificates, diplomas ou attestations délivrées par des universités et organismes professionnels.

Là encore, la traduction restitue le document présenté : elle ne préjuge ni de son authenticité, ni de sa reconnaissance, ni de son niveau d’équivalence en France.

ENIC-NARIC peut-il demander des documents supplémentaires ?

Oui.

France Éducation international précise que les experts du centre peuvent demander des pièces complémentaires au cours de l’instruction, notamment des relevés de notes, des attestations de réussite ou de meilleures numérisations des documents.

Dans certaines situations, le centre peut également demander la transmission des documents originaux afin d’effectuer des vérifications.

Le centre peut enfin vérifier l’authenticité des documents auprès des autorités compétentes du pays dans lequel ils ont été délivrés.

Consulter les conditions de traitement des demandes ENIC-NARIC

Une attestation de comparabilité est-elle toujours délivrée ?

Non.

Le dépôt d’un dossier recevable ne garantit pas la délivrance d’une attestation.

France Éducation international précise notamment que l’établissement fréquenté et le diplôme doivent être officiellement reconnus ou accrédités dans le système éducatif du pays concerné et que ces informations doivent pouvoir être vérifiées.

Il est donc inutile de présenter l’attestation de comparabilité comme une formalité automatique aboutissant nécessairement à une « équivalence française ».

Qu’en est-il des professions réglementées ?

L’attestation ENIC-NARIC ne constitue pas une autorisation d’exercer une profession réglementée.

Pour certaines professions, la reconnaissance des qualifications relève d’une procédure spécifique auprès de l’autorité professionnelle ou administrative compétente.

C’est notamment le cas de certaines professions de santé, de l’architecture ou d’autres activités dont l’accès est réglementé.

Les documents à fournir peuvent alors être beaucoup plus nombreux :

  • diplôme ;
  • relevés de notes ;
  • programme détaillé des études ;
  • volume horaire ou durée des stages ;
  • attestation d’expérience professionnelle ;
  • certificat d’inscription auprès d’un organisme professionnel ;
  • attestation de droit d’exercice ou de bonne conduite professionnelle.

Avant de faire traduire un dossier volumineux, il est donc préférable d’obtenir auprès de l’autorité compétente la liste exacte des documents exigés.

La traduction assermentée est-elle toujours obligatoire ?

Non, pas pour toute utilisation d’un diplôme étranger.

Un employeur privé peut, par exemple, accepter directement un diplôme ou un CV académique rédigé en anglais.

Une université peut également définir ses propres règles concernant les documents qu’elle accepte et les traductions qu’elle exige.

En revanche, lorsqu’une administration, un établissement ou un organisme demande expressément une traduction officielle ou assermentée, celle-ci doit répondre aux exigences de la procédure concernée.

La bonne démarche consiste donc à vérifier ce qui est effectivement demandé avant de faire traduire l’intégralité de votre dossier académique.

Que contient la traduction d’un diplôme ou d’un academic transcript ?

La traduction restitue les informations présentes sur le document original, notamment :

  • le nom de l’université ou de l’établissement ;
  • l’intitulé du diplôme ;
  • la discipline ou spécialité ;
  • les matières ou modules ;
  • les crédits ;
  • les notes et classifications ;
  • les dates d’études et d’obtention ;
  • les signatures et cachets ;
  • les numéros de diplôme ou références administratives ;
  • les mentions complémentaires figurant sur le document.

Les notes, classifications et intitulés académiques sont restitués avec fidélité. La traduction ne doit pas attribuer au titulaire un diplôme français qu’il n’a pas obtenu.

Comment demander la traduction de vos documents académiques ?

La demande peut être effectuée entièrement à distance.

Transmettez une copie couleur, complète et lisible de votre diplôme et des documents demandés par l’établissement, l’employeur ou l’organisme destinataire.

Pour un academic transcript ou des marksheets comportant plusieurs pages, transmettez l’intégralité du document afin que le volume, les tableaux et le contenu puissent être évalués correctement.

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Informations vérifiées au moment de la publication. Les conditions de reconnaissance des diplômes étrangers, les documents demandés par le centre ENIC-NARIC France, les établissements d’enseignement supérieur, les employeurs et les autorités chargées des professions réglementées pouvant évoluer, il est recommandé de vérifier les exigences applicables à votre situation auprès de l’organisme destinataire avant d’engager les démarches.